Il doit être difficile de rester insensible aux prestations scéniques d’Ofé. Parmi ceux qui étaient devant la scène du Bivouac Festival, je n’en vis pas beaucoup capables d’un tel détachement.
Certes, Ofé vient chercher le soutien du public, et parfois aussi la confrontation avec ce dernier. Mais au-delà de la présence du corps d’Ofé, ce corps dont elle joue et dont on apprendra aussi à quel point il la prend au piège de la promesse non tenue du silence des organes, au-delà donc de cette confrontation des corps, il y a les mots d’Ofé.
Bien sûr il est question d’amour, de colère, de ce sentiment de vide qui parfois fait office de quotidien. Il y a l’énoncé, oui, et il y a aussi l’énonciation, la façon dont Ofé s’empare de son malaise, de sa confrontation avec l’autre dans laquelle, veut-elle nous faire croire, la délicatesse n’existe pas.
Mais pour qui sait voir dans les yeux de l’autre « le reflet d’un ciel sombre qui va pleurer » on perçoit que, parfois, c’est l’absence de délicatesse du monde, qui provoque colère et hurlements.
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Écrit par Philippe J le 30/08/2026
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