La dame qui colle

La dame qui colle

J’ai rencontré « La dame qui colle » un dimanche sur l’Esplanade.

Enfin pas vraiment elle, mais un de ses collages.

« La dame qui colle », un drôle de nom ? C’est du même genre que « le monsieur qui vend des légumes ». C’est une dame et elle colle.

Mais elle ne colle pas n’importe quoi, n’importe où…

Au début :

Au début il y a une petite fille qui trouve bien plus facile de laisser un petit dessin à ses parents pour leur indiquer qu’elle va à la piscine. Et comme ses parents trouvent qu’elle dessine vraiment bien, elle continue. Mais dessiner, ça n’est pas le tout de l’affaire. Un jour, elle a 14 ans, elle rencontre un dessinateur, un artiste. C’est en voyant les dessins de cet homme qu’elle se dit que dessiner, ça n’est pas tout, que ça peut aussi contribuer à changer le monde.

Ensuite :

Ensuite c’est moins amusant, c’est les Beaux-Arts… Et aux Beaux-Arts, dessiner c’est l’école, et l’école c’est ennuyeux.

Maintenant :

Maintenant c’est un mélange du début et de l’ensuite. Maintenant c’est avoir rencontré une, puis des femmes qui ont eu à souffrir, dans la rue, en famille ou ailleurs, de la violence des hommes.

Alors « La dame qui colle » appose ses gardiennes de rue dans ces endroits où les femmes ont besoin d’être protégées de cette violence. Elles sont là, vigilantes, protectrices, à un coin de rue, au-dessus d’une porte cochère, cachées derrière une poubelle. Elles veillent.

Cela fait un an que « La dame qui colle » est apparue sur les murs de Lille, et aujourd’hui des villes, des universités, d’autres femmes lui demandent de venir coller ici et là pour que ses gardiennes de rue permettent la parole des hommes et des femmes qui voudraient, sinon changer le monde, au moins un certain équilibre dans les rapports hommes – femmes.

Philippe J

Écrit par Philippe J le 21/08/2025

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